Les deux sont des liftings du visage et du cou. Les incisions se ressemblent, la durée d’intervention aussi. Ils diffèrent par la profondeur à laquelle le chirurgien travaille, et par la façon dont il déplace les tissus. Cet article explique cette différence, puis ce que les études comparatives en disent : moins qu’on ne le lit souvent.
Le SMAS, une toile entre la peau et les muscles
Sous la peau et sa graisse se trouve une couche fibreuse et musculaire, continue de la tempe jusqu’au cou, où elle se prolonge par le platysma, le muscle plat du cou. Mitz et Peyronie l’ont décrite en 1976 et lui ont donné son nom : le SMAS, pour système musculo-aponévrotique superficiel. Ils notaient déjà qu’elle pouvait servir au lifting, et que la dissection sous cette couche, sûre en regard de la glande parotide, devenait délicate en avant d’elle.
Avant cette description, un lifting retendait surtout la peau. Or la peau supporte mal d’être le seul point d’appui : elle se détend en quelques années, et une traction trop forte se voit. Travailler sur le SMAS a changé la logique. C’est la couche profonde qui porte l’effort, et la peau est simplement reposée.
Le lifting du SMAS : la couche est plissée, raccourcie ou suspendue
Dans les techniques dites « SMAS », la peau est d’abord décollée sur une certaine surface. Le SMAS est ensuite travaillé par sa face superficielle, de plusieurs façons : il peut être plissé et cousu sur lui-même, raccourci en retirant une bande, ou décollé sur une zone limitée puis remonté. Peau et SMAS sont ainsi déplacés séparément, chacun dans sa direction.
Ces techniques remontent bien l’ovale et les bajoues, et le cou selon le geste associé. Les partisans du deep plane leur opposent une limite : les ligaments de la joue, restés en place, freineraient le mouvement de la partie moyenne du visage, sous la pommette.
Le deep plane : passer sous la toile et libérer ce qui la retient
En 1990, le chirurgien américain Sam Hamra a décrit une autre voie : ouvrir le plan situé sous le SMAS, prolonger ce décollement au-dessus des muscles de la pommette et au-delà du sillon qui descend du nez vers la bouche, et libérer les attaches qui retiennent la couche profonde. On obtient un lambeau épais, fait de la peau, de la graisse de la joue, du SMAS et du platysma, que l’on remonte d’un seul tenant. Il rapportait alors 403 patients opérés.
La peau reste attachée à ce qui la porte, et elle est moins décollée. La joue, libérée de ses ligaments, peut remonter. C’est l’intérêt de la technique quand la structure elle-même a glissé. C’est aussi ce qui la rend exigeante : les rameaux du nerf facial, qui commandent les muscles de l’expression, cheminent sous le SMAS, et la dissection passe à leur proximité. L’article sur le vieillissement du visage explique le rôle de ces ligaments.
Ce que montrent les comparaisons
On lit souvent que le deep plane dure plus longtemps et donne de meilleurs résultats. Les données ne le démontrent pas. Une revue systématique publiée en 2026, qui a retenu 17 études décrivant précisément leur technique, conclut que plusieurs façons de travailler le SMAS donnent de très bons résultats, mais que le deep plane n’a pas montré d’amélioration plus nette de la partie moyenne du visage, ni un résultat plus durable.
Sur la sécurité, une méta-analyse de 183 études a comparé les différentes techniques de lifting. Le risque d’atteinte définitive du nerf facial ne différait pas d’une technique à l’autre. Le deep plane présentait un peu plus d’hématomes majeurs, c’est-à-dire de saignements sous la peau qui obligent à reprendre au bloc, avec une fréquence de 1,22 %. Les auteurs concluaient qu’une technique doit se choisir sur la qualité de ses résultats, pas sur son profil de complications.
Une méta-analyse plus récente, consacrée au seul deep plane, a réuni 45 études et 10 784 patients. Elle retrouvait 6,6 % de complications, dont 1,2 % d’atteintes passagères du nerf facial, sans atteinte définitive, 1,8 % d’hématomes et 0,8 % d’infections.
Ces chiffres ont une limite qu’il faut dire : ils viennent pour l’essentiel de séries publiées par des chirurgiens expérimentés dans leur technique. Ils disent ce qui est possible, pas ce qui se passe partout. La maîtrise d’un plan compte au moins autant que le plan lui-même.
Combien de temps dure un lifting
Une étude a revu 50 patients cinq ans et demi après un premier lifting, sur des photographies standardisées. La correction des bajoues restait largement acquise, le cou avait en partie récidivé, et les scores globaux indiquaient que 76 % des patients paraissaient encore plus jeunes qu’avant l’intervention. Aucun lifting n’arrête le temps : le visage continue de vieillir, à partir d’un point de départ plus favorable.
Comment se fait le choix
Il se fait à l’examen, pas sur un nom de technique. Une joue descendue sous la pommette, des bajoues qui interrompent la mâchoire et un cou qui a perdu son angle signent un glissement des structures profondes : c’est la situation du deep plane facelift. Un relâchement qui commence, limité à l’ovale, peut relever d’un geste moins étendu. Les différentes techniques sont décrites sur la fiche du lifting cervico-facial.
La santé pèse autant que le visage. Le tabac, une tension artérielle mal équilibrée ou un traitement qui fluidifie le sang augmentent les risques, quelle que soit la technique. Et le lifting ne fait pas tout : un volume perdu se rend par la graisse, des paupières lourdes se traitent par leur propre geste.
Questions fréquentes sur le deep plane et le lifting SMAS
Le deep plane laisse-t-il moins de cicatrices ?
Non. Les incisions sont celles d’un lifting complet : dans les cheveux de la tempe, devant l’oreille, autour du lobe, derrière l’oreille. Ce qui change se passe sous la peau. Une cicatrice peut en revanche être plus fine quand la peau est reposée sans tension.
Le deep plane est-il plus dangereux pour le nerf facial ?
La dissection passe près de ses rameaux, et elle demande une connaissance précise de l’anatomie. Dans les méta-analyses, le risque d’atteinte définitive n’est pas plus élevé qu’avec les autres techniques. Une faiblesse passagère, qui récupère en quelques semaines ou quelques mois, reste possible.
Un « mini-lifting » est-il un deep plane ?
Pas forcément. « Mini-lifting » décrit la longueur de l’incision ou l’étendue du décollement, pas le plan de travail. Pour comparer deux propositions, demandez quel plan est ouvert, ce qui est libéré, et dans quelle direction les tissus sont remontés.
Les suites sont-elles différentes ?
Elles dépendent surtout de l’étendue du geste et de ce qui l’accompagne : cou, paupières, greffe de graisse. Le gonflement dure plusieurs semaines après tout lifting, et le résultat se juge entre le troisième et le sixième mois.
Rédigé et relu par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien, qui consulte à Genève. Dernière mise à jour : septembre 2026.
Références scientifiques
- Mitz V, Peyronie M. The superficial musculo-aponeurotic system (SMAS) in the parotid and cheek area. Plastic and Reconstructive Surgery, 1976. doi:10.1097/00006534-197607000-00013
- Hamra ST. The deep-plane rhytidectomy. Plastic and Reconstructive Surgery, 1990. PubMed 2359803
- Jacono AA et al. A Meta-Analysis of Complication Rates Among Different SMAS Facelift Techniques. Aesthetic Surgery Journal, 2019. doi:10.1093/asj/sjz045
- Koroma P et al. Deep Plane Facelifts: A Systematic Review and Meta-Analysis of Outcomes. Aesthetic Plastic Surgery, 2026. doi:10.1007/s00266-026-06138-x
- Schultz KP, Rohrich RJ et al. Demystifying Deep Layer Face-Lift Techniques: A Systematic Review of SMAS Techniques. Plastic and Reconstructive Surgery, 2026. doi:10.1097/PRS.0000000000012526
- Jones BM, Lo SJ. How long does a face lift last? Objective and subjective measurements over a 5-year period. Plastic and Reconstructive Surgery, 2012. doi:10.1097/PRS.0b013e31826d9f7f
Quel plan pour votre visage ?
La réponse vient de l’examen : ce qui a glissé, jusqu’où, et ce que la peau supporte. La consultation a lieu à Genève.


