Ce que devient la graisse greffée : prise, résorption, surveillance du sein

lipofilling genève suisse

Une greffe de graisse, ou lipofilling, déplace votre propre graisse d’un endroit à un autre. Elle est prélevée par une fine canule sur le ventre, les hanches ou les cuisses, préparée, puis réinjectée en petites quantités là où le volume manque. La question qu’on pose le plus souvent est simple : combien en reste-t-il ? La réponse tient en deux mots : une partie. Cet article explique pourquoi, et combien.

Une greffe, pas une injection de produit

La graisse prélevée est un tissu vivant. Au moment où elle est déposée, elle n’a plus de vaisseaux : pendant les premiers jours, elle survit grâce à ce qui diffuse depuis les tissus voisins, le temps que de nouveaux vaisseaux la rejoignent. Les cellules situées au cœur d’un amas trop épais sont trop loin de cette source et meurent.

C’est pourquoi la graisse se dépose en fines gouttelettes, dans de nombreux petits tunnels, en plusieurs couches. Chaque gouttelette reste proche d’un tissu qui la nourrit. La préparation compte aussi : laver ou décanter la graisse, retirer l’huile et le sang, la manipuler avec douceur. Les techniques varient d’une équipe à l’autre, et c’est une des raisons pour lesquelles les chiffres varient d’une étude à l’autre.

Ce qui part, et quand

Les premières semaines, le gonflement masque tout : la zone traitée paraît souvent trop remplie. Ensuite, deux choses se passent en même temps. L’œdème se résorbe, et la part de graisse qui n’a pas survécu est éliminée par l’organisme. Le volume diminue pendant les premiers mois, puis se stabilise.

Ce qui reste au bout de ce délai est une graisse vivante, installée, qui se comporte comme celle du reste du corps. Elle vieillit avec vous, et elle suit vos variations de poids : une prise de poids l’augmente un peu, un amaigrissement la réduit. C’est pourquoi le résultat se juge après quelques mois, vers trois à six mois au visage et vers six mois au sein.

Au visage : un peu moins de la moitié, en moyenne

Deux revues de la littérature ont mesuré ce qui reste après un lipofilling du visage. La première, qui a regroupé les études disposant de mesures de volume, retrouvait en moyenne 47 % du volume injecté, avec des extrêmes allant de 26 à 83 % selon les études. La seconde retrouvait une moyenne de 41,6 %. Les complications étaient peu fréquentes, de l’ordre de 2 à 3 %, surtout des asymétries.

Ces moyennes cachent de vraies différences d’une zone à l’autre et d’une personne à l’autre. Une seconde séance, quelques mois plus tard, complète parfois le résultat. Le lipofilling du visage est décrit sur sa fiche, et le lipofilling en général sur sa page.

Au sein : entre la moitié et les deux tiers

Au sein, deux revues systématiques donnent des ordres de grandeur proches. La première, qui réunit 22 études et 3 565 patientes suivies au moins un an après une augmentation esthétique, retrouve en moyenne 62,4 % du volume injecté, avec des extrêmes de 44,7 à 82,6 %. La seconde, plus récente, réunit 35 études et 3 757 femmes : 58 % en moyenne, de 44 à 83 % selon les études, pour un volume moyen injecté de 300 millilitres.

Le gain reste plus modeste qu’avec un implant, et il se construit parfois en deux temps. L’augmentation mammaire par lipofilling et le remplacement d’implants par lipofilling sont décrits sur leurs fiches.

Kystes, nodules, calcifications : ce que voit le radiologue

La graisse qui ne survit pas ne disparaît pas toujours sans trace. Elle peut former de petits kystes huileux, des nodules fermes que l’on sent parfois sous le doigt, qu’on appelle cytostéatonécrose, et des calcifications visibles à la mammographie. Dans la revue la plus récente, cette nécrose graisseuse représentait 43,7 % des complications. Dans l’autre, des microcalcifications étaient retrouvées chez 9 % des patientes.

La crainte, légitime, est que ces images gênent la détection d’un cancer du sein. Une étude l’a testée directement : huit radiologues spécialistes du sein ont relu, sans savoir de quelle intervention il s’agissait, les mammographies faites un an après un lipofilling chez 27 femmes, et celles de 23 femmes opérées d’une réduction mammaire. Les kystes huileux et les calcifications bénignes étaient aussi fréquents dans les deux groupes, et les masses justifiant une biopsie étaient plus fréquentes après la réduction. Dans cette étude, le lipofilling ne produisait pas plus d’anomalies qu’une intervention mammaire courante.

En pratique, une imagerie du sein est faite avant l’intervention, selon votre âge et vos antécédents. Le dépistage se poursuit ensuite comme pour toute femme. Signalez le lipofilling au radiologue : un radiologue averti distingue en général ces images d’une lésion suspecte.

Questions fréquentes sur la graisse greffée

La graisse qui a pris reste-t-elle à vie ?

Elle reste durablement, comme la graisse du reste du corps. Elle n’est pas figée pour autant : elle vieillit avec vous et suit vos variations de poids.

Pourquoi ne pas injecter davantage pour compenser la perte ?

Parce qu’un excès de graisse déposé au même endroit prend moins bien : les cellules trop éloignées d’un tissu nourricier meurent, et forment davantage de kystes ou de nodules. Il vaut mieux injecter ce que la zone peut recevoir, quitte à compléter lors d’une seconde séance.

Faut-il avoir de la graisse en réserve ?

Oui. Il faut une zone de prélèvement suffisante, ce que l’examen vérifie. Chez une personne très mince, le volume disponible limite ce qui peut être fait.

La graisse greffée gêne-t-elle la mammographie ?

Elle peut laisser des images, en général faciles à distinguer pour un radiologue averti. C’est pourquoi il faut toujours le prévenir.

Rédigé et relu par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien, qui consulte à Genève. Dernière mise à jour : septembre 2026.

Références scientifiques
  • Lv Q et al. Volume Retention After Facial Fat Grafting and Relevant Factors: A Systematic Review and Meta-analysis. Aesthetic Plastic Surgery, 2021. doi:10.1007/s00266-020-01612-6
  • Gornitsky J et al. A systematic review of the effectiveness and complications of fat grafting in the facial region. JPRAS Open, 2019. doi:10.1016/j.jpra.2018.12.004
  • Groen JW et al. Autologous Fat Grafting in Cosmetic Breast Augmentation: A Systematic Review on Radiological Safety, Complications, Volume Retention, and Patient/Surgeon Satisfaction. Aesthetic Surgery Journal, 2016. doi:10.1093/asj/sjw105
  • Seth I et al. Autologous Fat Grafting in Breast Augmentation: A Systematic Review Highlighting the Need for Clinical Caution. Plastic and Reconstructive Surgery, 2024. doi:10.1097/PRS.0000000000010614
  • Rubin JP et al. Mammographic changes after fat transfer to the breast compared with changes after breast reduction: a blinded study. Plastic and Reconstructive Surgery, 2012. doi:10.1097/PRS.0b013e31824a2a8e

Votre graisse, pour quel projet ?

L’examen dit où prélever, combien injecter et ce qu’on peut raisonnablement attendre. La consultation a lieu à Genève.

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