Anesthésie locale, sédation ou générale : ce qui change pour vous

combiner opérations esthétiques

« Est-ce que je serai endormi ? » C’est l’une des premières questions en consultation. Il existe trois grandes façons de ne pas avoir mal pendant une intervention : l’anesthésie locale, la sédation, qui y ajoute un médicament qui détend, et l’anesthésie générale. Le choix dépend de l’intervention, de votre santé et de vos préférences, et il se fait avec le médecin anesthésiste.

Un continuum, du simple apaisement au sommeil complet

La Société américaine des anesthésistes décrit la sédation comme un continuum, en quatre niveaux. En sédation légère, vous êtes apaisé et répondez normalement quand on vous parle. En sédation modérée, vous êtes somnolent mais répondez à la voix ou au toucher, et vous respirez seul. En sédation profonde, vous ne répondez qu’à une stimulation répétée ou douloureuse, et la respiration peut avoir besoin d’aide. En anesthésie générale, vous ne pouvez pas être réveillé, et la respiration est le plus souvent assistée.

Ce continuum explique une règle de sécurité : on passe facilement d’un niveau au suivant, et l’équipe doit savoir prendre en charge un patient plus profondément endormi que prévu. C’est le rôle du médecin anesthésiste. À la Clinique Générale-Beaulieu et à la Clinique des Grangettes, où j’opère à Genève, la sédation et l’anesthésie générale sont conduites par un médecin anesthésiste, que vous rencontrez avant l’intervention.

L'anesthésie locale : éveillé, sans douleur

Un produit anesthésiant est injecté dans la zone à opérer. Vous restez éveillé, vous sentez qu’on vous touche, mais pas la douleur. La piqûre du début est le moment le plus désagréable ; elle dure quelques secondes par point.

Elle convient aux gestes limités ou superficiels. Les greffes de cheveux se font ainsi, sur une journée, comme le lip lift, le lipofilling du visage ou le nanofat réalisés seuls ; je les réalise au cabinet, au Forever Institut. Vous rentrez chez vous rapidement, sans les effets d’un médicament qui endort.

La sédation : détendu, souvent sans souvenir

On associe l’anesthésie locale à un médicament injecté dans une veine, qui détend et fait somnoler. Vous respirez seul. Beaucoup de patients gardent peu de souvenirs de l’intervention. C’est une option fréquente pour la blépharoplastie inférieure, pour certains liftings et certaines interventions des seins, où elle se discute avec l’anesthésie générale.

Une étude comparant sédation profonde et anesthésie générale en chirurgie plastique du visage, surtout pour des rhinoplasties, rapportait moins de nausées (21,7 % contre 50 %) et de vomissements (4,3 % contre 37,5 %) après la sédation, et un réveil plus rapide. Elle portait sur 39 patients, sans tirage au sort : c’est une indication, pas une démonstration.

L'anesthésie générale : endormi, la respiration assistée

Vous dormez complètement, et votre respiration est assistée. Elle s’impose pour les interventions longues ou étendues, ou quand l’immobilité complète est nécessaire : un deep plane facelift, une abdominoplastie, une réduction mammaire ou une rhinoplastie se font sous anesthésie générale.

Les produits actuels permettent un réveil rapide. Les nausées et vomissements restent l’un des effets indésirables les plus fréquents. Leur risque se prévoit : une étude de référence a identifié quatre facteurs, être une femme, ne pas fumer, avoir déjà eu des nausées après une anesthésie ou le mal des transports, et recevoir de la morphine ou un dérivé après l’intervention. Selon qu’on en réunit aucun, un, deux, trois ou quatre, le risque passait de 10 % à 21 %, 39 %, 61 % puis 79 %. À partir de deux facteurs, un traitement préventif est en général envisagé.

Avant : consultation, jeûne, médicaments

La consultation d’anesthésie a lieu avant l’intervention ; à la Clinique Générale-Beaulieu, au plus tard quarante-huit heures avant. L’anesthésiste y vérifie votre santé : cœur, poumons, apnées du sommeil, allergies, traitements en cours. Signalez tout, y compris les compléments achetés sans ordonnance : certains fluidifient le sang et doivent être suspendus.

Pour le jeûne, les recommandations de la Société européenne d’anesthésiologie, publiées en 2011, autorisent les liquides clairs, comme l’eau, jusqu’à deux heures avant une intervention programmée, et demandent d’arrêter les aliments solides six heures avant. Suivez toutefois les consignes écrites qui vous sont remises : ce sont elles qui comptent pour votre intervention.

Après : rentrer accompagné

Après une sédation ou une anesthésie générale, vous ne conduisez pas le jour de l’intervention ; l’anesthésiste vous précise le délai. Quand vous rentrez le jour même, quelqu’un doit vous raccompagner et, après une anesthésie générale, rester avec vous la première nuit. Vous repartez avec un numéro à appeler en cas de besoin.

Chez une personne en bonne santé, les complications graves liées à l’anesthésie sont rares. Votre risque personnel dépend surtout de votre état de santé, de la durée de l’intervention et de l’association de plusieurs gestes : c’est ce que l’anesthésiste évalue avec vous.

Questions fréquentes sur l'anesthésie

Vais-je sentir quelque chose sous anesthésie locale ?

La piqûre de l’anesthésie, puis des sensations de toucher ou de pression, sans douleur. Si une zone reste sensible, on complète l’anesthésie.

Puis-je choisir mon anesthésie ?

Votre préférence compte, et elle est entendue. Le choix final tient aussi à l’intervention et à votre santé, et il se fait avec l’anesthésiste et le chirurgien.

Combien de temps dois-je être à jeun ?

En règle générale, pas d’aliments solides dans les six heures qui précèdent, et des liquides clairs jusqu’à deux heures avant. Les consignes écrites de la clinique priment.

L’anesthésie est-elle comprise dans le devis ?

Le devis distingue les honoraires du chirurgien, ceux de l’anesthésiste et les frais de clinique. La page honoraires et devis explique comment il se construit.

Rédigé et relu par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien, qui consulte à Genève. Dernière mise à jour : septembre 2026.

Références scientifiques

Vos questions sur l'anesthésie

Le type d’anesthésie se discute dès la consultation, puis avec l’anesthésiste avant l’intervention. La consultation a lieu à Genève.

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